Les exigences additionnelles de la Norme Chaussures de sécurité EN ISO 20345

La chaussure de sécurité a évoluée au fil des années en suivant les besoins des utilisateurs. Des exigences additionnelles ont ainsi été ajoutées à la Norme Chaussures de sécurité EN ISO 20345 pour cadrer et fiabiliser la mise sur le marché des chaussures de sécurité. En voici la liste ci-dessous.

A : Anti statisme

Principe :

Le principe d’une chaussure antistatique est de facilité la circulation de l’électricité statique vers le sol et éviter son stockage dans le corps. L’exigence additionnelle A atteste que la chaussure de sécurité a une résistance électrique comprise entre 0.1 et 1000 (MΩ). Plus on se rapproche de 0.1 et plus l’électricité statique est diffusée vers le sol.

Domaine d’utilisation :

Le principal problème de l’accumulation de l’électricité statique est qu’elle peut endommager des composants électroniques lorsqu’elle se décharge. Et l’électronique est partout aujourd’hui

AN : Protection des malléoles

Principe :

L’exigence additionnelle AN atteste que la chaussure de sécurité intègre un dispositif de protection des malléoles. Pour valider le marquage AN, la protection mise en place sur la chaussure de sécurité ne doit pas transmettre une force supérieure à 10 kN sur la moyenne des essais. Et elle ne doit pas excéder 15 kN sur l’essai le moins concluant.

Domaines d’utilisations :

D’abord dans les métiers du BTP et des travaux extérieurs pour lesquels on retrouve beaucoup d’obstacles qui peuvent porter des chocs latéraux aux malléoles : roche, bord de terrasse, trottoir, structure en bois, etc. Ensuite on retrouve un risque dans les métiers du transport et de la logistique. En effet, avec la manipulation des palettes/trans-palettes et les cadences élevées du travail, un choc latéral mal placé est vite arrivé.

CI : Isolation du semelage contre le froid

Principe :

Le marquage additionnel CI atteste que la température à l’intérieure de la chaussure ne va pas baisser de plus de 10°C lorsque la chaussure est soumise à une température de -17°C pendant 30 minutes.

Domaines d’utilisations :

Des chaussures de sécurité normées CI sont utiles pour les travailleurs qui évoluent sur des sols froids ou humides comme par exemple les personnes qui travaillent en extérieur l’hiver, sur les sols froids des camions frigorifiques / chambres froides, dans la neige, etc

CR : Résistance à la coupure

Principe :

L’exigence additionnelle CR atteste que la tige de la chaussure de sécurité résiste à la coupure. On effectue un essai de coupure sur des éprouvettes prélevées sur la tige. L’indice de résistance aux coupures (décrit dans la norme EN 388) ne doit pas être inférieur à 2,5.

E : Capacité d’absorption d’énergie du talon

Principe :

L’exigence additionnelle E atteste que le talon de la chaussure a une absorption d’énergie suffisante. On place l’échantillon de la semelle (zone du talon) entre un poinçon et un sol en acier. On fait descendre lentement le poinçon qui va compresser l’échantillon de semelle jusqu’à une limite de 5000N. L’absorption d’énergie au niveau du talon ne doit pas être inférieure à 20 joules.

FO : Résistante aux hydrocarbures de la semelle extérieure

Principe :

Le marquage additionnel FO atteste que la semelle d’usure (celle qui est en contact avec le sol) n’a pas de déformation trop importante en contact avec des hydrocarbures. Lorsque la semelle de marche est mise au contact d’hydrocarbures, l’augmentation de son volume ne doit pas être supérieure à 12 %.

Domaines d’utilisations :

On retrouve la présence d’hydrocarbures dans les métiers suivants : Garages automobile ou autres milieux de la mécanique Industrie lourde, pétrochimie Milieu pétrolier, forage Station service Transport

HI : Isolation du semelage contre la chaleur

Principe :

Le marquage additionnel HI atteste que la température à l’intérieure de la chaussure ne va pas augmenter de plus de 22°C si la chaussure est chauffée à 150°C pendant 30 minutes.

Domaines d’utilisations :

on pense principalement aux personnes travaillant sur de l’enrobé mais on peut également citer ceux qui marchent sur des sols qui captent la chaleur dans des environnements chauds. Par exemple le haillon d’un camion en plein été ou le ballast des chemins de fer.

HRO Résistance à la chaleur de la semelle d’usure.

Principe :

Le marquage additionnel HRO atteste que la semelle d’usure (celle qui est en contact avec le sol) résiste à une chaleur par contact de 300°C.

Domaines d’utilisations :

des chaussures normées HRO sont utiles pour les travailleurs qui évoluent sur des sols chauds ou susceptibles de marcher sur des objets chauds (chaudronnier, fondeur, ferronnier-forgeron, soudeur, chauffagiste, maréchal-ferrant, enrobé, etc)

M : Protection des métatarses

Principe :

Le marquage additionnel M atteste que la chaussure de sécurité intègre un dispositif de protection des métatarses résistant à un impact de 100 joules. Le dispositif de protection du métatarse doit être inamovible de la chaussure de sécurité et doit épouser sa forme du côté intérieur et extérieur.

Domaines d’utilisations :

Il peut être cohérent de préconiser une chaussure de sécurité normée M pour tous les métiers où le risque de chute d’objets lourd est présents. On pense bien sûr à ceux qui manipulent des objets en métal ou en bois, ou encore des chargements lourds : chaudronnier, fondeur, ferronnier-forgeron, soudeur, chauffagiste, maréchal-ferrant) logistique charpentier / menuisier, etc

P : Résistance à la perforation

Principe :

L’exigence additionnelle P atteste que la semelle de la chaussure résiste à la perforation de clous ou tout autre objets pointus qui pourraient la perforer. Il y a deux types de tests : insert métallique : la force nécessaire pour perforer la semelle ne doit pas être inférieure à 1 100 N. insert non-métallique : en appliquant une force de 1 100 N, la pointe du clou d’essai ne doit pas dépasser de l’éprouvette faisant l’objet d’une vérification par détection visuelle, cinématographique ou électrique.

Domaines d’utilisations :

La résistance à la perforation est utile pour tous les métiers pour lesquels on relève un risque de perforation. Dans certaines activités ce risque est élevé : Gros oeuvre : Charpente et maçonnerie TP et Travaux extérieurs Industries non-propres Industries et métiers du métal avec risque de présence de métal au sol Logistique avec présence de palettes Dans certaines activités le risque est présent, mais moins élevé : Artisanat en général (une pointe peut toujours traîner sur un chantier) Industrie légère et maintenance Transporteur / livreur Logistique propre

WR : Résistance à la pénétration de l’eau de la chaussure entière

Principe :

L’exigence additionnelle WR atteste que la chaussure de sécurité entière résiste à la pénétration de l’eau. Il y a deux tests différents qui permettent d’obtenir le marquage WR : en effectuant 100 longueurs dans un bac de plusieurs mètres de long (1 longueur équivalente à 10 pas), avec une hauteur d’eau de (30 ± 3) mm. en immersion durant 80 minutes dans un bac d’eau avec la chaussure/botte montée sur une forme dynamique qui simule la flexion de la marche. Le niveau d’eau étant fixé 20mm au niveau de la ligne de carre. Dans les deux cas, la surface totale de pénétration de l’eau dans la chaussure ne doit pas excéder 3 cm² pour valider l’obtention du WR.

Domaines d’utilisations :

Si la protection WR vient en additionnelle a une chaussure déjà normée WRU (ex : une chaussure de chantier en cuir avec une membrane) alors l’utilisation sera plutôt pour les milieux extérieurs très humides. Si la protection WR est donnée, par l’intermédiaire d’une membrane, a une chaussure en toile respirante alors elle peut être adaptée aux personnes qui sont pour la plupart du temps en milieu sec mais qui sont de façon occasionnelle dans un environnement humide. Un chauffeur / livreur qui travaille dans une région pluvieuse ou un plombier par exemple.

WRU : Résistant à la pénétration et absorption d’eau des matériaux de la tige

Principe :

Le marquage additionnel WRU atteste que les matériaux composants la tige de la chaussure de sécurité sont résistants à la pénétration et à l’absorption de l’eau. Pour réaliser le test du WRU, on prélève un échantillon des matériaux composant la tige (toile, cuir, microfibre, etc) et on l’immerge partiellement pendant une durée de 60 minutes. Une fois le test terminé il faut vérifier la masse d’eau qui a traversée l’éprouvette. La pénétration d’eau (exprimée en augmentation de masse du tissu éponge) ne doit pas être supérieure à 0,2 g et l’absorption d’eau ne doit pas être supérieure à 30 %.

Domaine d’utilisations :

Avec une chaussure dont les matières qui composent la tige ont été normées WRU, l’eau aura du mal à pénétrer les matières. L’eau est également les hydrocarbures, l’huile et autres matière liquide. En effet, les matières normées WRU sont des cuirs, microfibres ou des toiles très opaques. Par conséquent, en plus de résister à la pénétration de l’eau et des liquides, elles sont normalement facile à nettoyer. On retrouve les chaussures de sécurité normées WRU (S2 ou S3) dans les activités suivantes : Agro-alimentaire / cuisine BTP / espaces verts Industrie avec risques d’huile / hydrocarbures Gros oeuvre pour les travaux parfois salissant comme la maçonnerie Second oeuvre pour certains travaux poussiéreux ou salissant (ex : plaquiste, peintre) ou risque d’humidité (plombier) Garagiste pour les hydrocarbures Les marquages SBP, S1, S1P, S2 et S3 de la Norme Chaussures de sécurité EN ISO 20345 Très vite des « profils » de chaussures propres à chaque environnement se sont dessinés et dans un souci de simplification, des marquages normatifs ont été créés. Ils sont devenus des standards qui permettent aujourd’hui à l’utilisateur de rapidement identifier une typologie de chaussure et un niveau de protection.

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